Chose promise, chose due… le Tarif Réglementé de gaz a augmenté de 15% en moyenne depuis le 1er janvier 2023. L’année démarre donc en fanfare, faisons le point sur ce premier événement énergétique de l’année.

Evolution des prix de 2021 à 2023

Nous l’avons vu précédemment, l’année 2021 avait vu ce tarif augmenter très fortement, près de 59% en hausse cumulée, jusqu’à la mise en place du gel tarifaire, décidé par le Gouvernement en octobre de la même année. Les causes de cette hausse des prix sont multiples, nous y revenons dans cette vidéo.
En 2022, le bouclier tarifaire avait été maintenu sur le gaz, car aucune augmentation n’a été appliquée jusqu’au 31 décembre 2022.

En septembre dernier, la Première Ministre Elisabeth Borne avait cependant annoncé une hausse du Tarif Réglementé de Gaz à compter du 1er janvier 2023, limitée à 15% au lieu de 120% sans le bouclier tarifaire

Ce pourcentage correspond à une évolution moyenne annuelle TTC, l’impact pouvant varier selon la consommation des clients. Concrètement, le prix de l’abonnement n’a pas été modifié, le prix du kWh subit en revanche une hausse comprise entre 15 et 19% selon le niveau de  consommation.

Voici la nouvelle grille tarifaire correspondant au Tarif Réglementé de Gaz valable à compter du 1er janvier 2023 :

Décrypter la grille tarifaire

Pour pouvoir vous situer sur cette grille tarifaire, voici le détail des tranches de consommation :

  • le tarif Base : consommation inférieure à 1 000 kWh de gaz par an, ce qui correspond à un usage du gaz pour la cuisson ;
  • le tarif B0 : consommation annuelle entre 1 000 et 6 000 kWh de gaz par an, ce qui correspond à un usage du gaz pour la cuisson, la production d’eau chaude, voire pour le chauffage pour une faible consommation ;
  • le tarif B1 : consommation annuelle entre 6 000 et 30 000 kWh de gaz par an, ce qui correspond à un usage du gaz pour l’eau chaude sanitaire, le chauffage et la cuisson ;
  • le tarif B2i : réservé aux professionnels qui consomment plus de 30 000 kWh de gaz par an, ce qui correspond à un usage du gaz pour de l’eau chaude sanitaire et du chauffage.

En revanche, l’évolution est à peu près la même, quelle que soit la zone géographique à laquelle vous appartenez :

  • Zone 1 : Lyon, Nantes, Marseille, Lille, Laval, Tours…
  • Zone 2 : Paris, Rennes, Caen, Limoges, Toulon…
  • Zone 3 : Nice, Perpignan, Chartres…
  • Zone 4 : Gap, Paimpol, Bourseul…
  • Zone 5 : Aurillac, Pornic, Albertville…
  • Zone 6 : Maroilles, Villeroy, Beaumont…

L’évolution du Tarif Réglementé fait l’objet d’une recommandation de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), validée par le ministère de la Transition Écologique et Solidaire et le ministère de l’Économie et des Finances.

En dehors du dispositif actuel du bouclier tarifaire, ce tarif est susceptible d’évoluer tous les mois, tenant compte des variations des prix du gaz sur les marchés européens, et intégrant les coûts de transport, de distribution et de stockage, mais aussi les obligations des fournisseurs d’énergie en matière de Certificats d’Economies d’Energie (CEE).

Le Tarif Réglementé est proposé par le fournisseur historique de gaz, ENGIE (ex-GDF), et il s’adresse aux particuliers et aux petites copropriétés. Mais il est à noter que les fournisseurs alternatifs proposant des offres indexées sur le Tarif Réglementé sont impactés de la même manière par cette hausse de prix. Il en va de même pour les Entreprises Locales de Distribution (ELD) qui sont implantées sur environ 5% du territoire métropolitain français.

La fin du Tarif Réglementé en question

La loi de finances pour 2023 prolonge une nouvelle fois le bouclier tarifaire, jusqu’au 30 juin 2023.
A compter du 1er juillet 2023 est prévue
la fin du Tarif Réglementé de Gaz pour les particuliers, ce qui est déjà effectif pour les professionnels, afin de “mettre le droit français en conformité avec le droit européen”.

Concrètement, cette mesure concerne 2,6 millions de ménages, actuellement encore au tarif réglementé de gaz, et qui devront souscrire une offre de marché. Craignant une forte hausse des prix dans le contexte actuelle de la crise énergétique, la CLCV, une association de défense des consommateurs, demande un report de cette échéance de deux ans.

A l’heure actuelle, difficile de prédire l’évolution en juillet, qui dépendra certainement du contexte géopolitique. Un prolongement du bouclier tarifaire reste possible, comme ce fut le cas en 2022…
Nous suivrons de près l’évolution de la situation sur les prochains mois !