La transition énergétique a souvent été médiatisée et beaucoup ne savent pas de quoi on parle exactement. En quoi ça consiste et quels sont les différents scénarios imaginés ? Petit guide sur les différentes voies proposées et projetées par le Giec

Qu’est-ce que la transition énergétique ?

La transition énergétique est définie comme le changement de la composition (structure) de l’approvisionnement en énergie primaire, le passage progressif d’un modèle spécifique de fourniture d’énergie à un nouvel état d’un système énergétique.

Comment ont été défini les différents scénarios de la transition énergétique ?

giec

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été créé par les Nations Unies et intègre les résultats de la recherche sur le climat publiés dans la littérature scientifique mondiale dans son rapport d’évaluation chaque année. Une équipe internationale d’experts a défini quatre scénarios de référence, qui sont considérés comme des courbes représentatives de la voie de concentration (RCP) des gaz à effet de serre (GES), de l’ozone et des précurseurs d’aérosols au XXIe siècle et au-delà. Ces programmes peuvent correspondre à des efforts plus ou moins importants de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Pour chacun de ces quatre «profils représentatifs», les climatologues ont déduit les effets connexes des conditions climatiques et du changement climatique.

Parallèlement, sociologues et économistes étudient divers scénarios, qui présentent diverses caractéristiques du développement socio-économique et diverses stratégies d’adaptation et d’atténuation. Cela définit cinq scénarios, appelés le chemin social économique partagé (SSP). Cette méthode permet aux climatologues et économistes de travailler en parallèle et de manière cohérente.

scenario giec

D’ici 2030, il est nécessaire de réduire les émissions nettes de dioxyde de carbone de 45%

Le GIEC a conclu que pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 ° C avant la fin de ce siècle, “tous les aspects de la société doivent être modifiés rapidement, en profondeur et de manière sans précédent“. La transition «rapide et profonde» proposée par le Climate Expert Group concerne principalement le secteur de l’énergie, mais concerne également les domaines de l’industrie, de la construction, des transports et même de l’aménagement du territoire. Selon le rapport du GIEC, d’ici 2030, les émissions anthropiques nettes mondiales de CO2 (c’est-à-dire la différence entre les émissions de CO2 et le captage) devraient être réduites d’environ 45% par rapport à 2010, afin d’atteindre l’objectif de réchauffement de 1,5 ° C. Le «bilan zéro» de ces émissions deviendra nécessaire «vers 2050» .

Des solutions énergétiques qui ne sont pas en phase avec les tendances actuelles

energie du petrole

Le GIEC a mis au jour plusieurs «voies» possibles de conversion de l’énergie. On suppose que cela pourrait contrôler le réchauffement climatique à moins de 1,5 ° C d’ici la fin de ce siècle. Sans surprise, ces trajectoires partagent une base commune, à savoir une consommation totale réduite de combustibles fossiles, une efficacité énergétique améliorée et une électrification plus rapide (sans carbone) par rapport à un «monde qui se réchauffe à 2 ° C». Ces trajectoires prédisent que d’ici 2050, la part des énergies renouvelables (y compris la biomasse, l’hydroélectricité, le solaire, l’éolien, etc.) dans la consommation mondiale d’énergie primaire sera comprise entre 49% et 67%, soit près de 14 %. Selon les dernières données (2016) de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Dans le même temps, le GIEC prévoit que d’ici 2050, la part du charbon dans le mix énergétique mondial passera de 1% à 7% (27% en 2016). Les centrales restantes alimentées par ce combustible doivent être équipées de systèmes de captage et le dioxyde de carbone. Entre 2020 et 2050, le GIEC prévoit que la consommation mondiale de pétrole passera de 32% à 74% et le gaz naturel tombera de 13% à 60% dans des scénarios jugés compatibles avec l’objectif de 1,5 ° C.

Cependant, les incertitudes demeurent nombreuses, notamment sur le déploiement des technologies de captage et stockage du dioxyde de carbone (0 à 460 milliards de tonnes de captage de dioxyde de carbone d’ici 2050) et le développement de l’énergie nucléaire (3 à 120 EJ par tonne) en termes de consommation énergétique annuelle moyenne d’ici 2050) et de faible bioénergie (entre 40 et 310 EJ par an). Par conséquent, ces différences reflètent «l’incertitude» actuelle et expliquent les différentes trajectoires présentées. Les experts qui ont rédigé ce rapport ont souligné que ces trajectoires sont réalisables d’un point de vue géophysique (et doivent être soutenues au niveau politique), mais ils n’ont pas commenté leur crédibilité dans notre société actuelle. Cependant, ces trajectoires sont totalement incompatibles avec les tendances actuelles.

Pour rappel, les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie ont augmenté de 1,4% en 2017, atteignant un record de 32,5 milliards de tonnes l’année dernière. L’AIE a averti que cette augmentation était après trois ans d’émissions stables, “contrairement à la réduction substantielle nécessaire pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le changement climatique“. En 2017, toute la consommation d’énergie, y compris le charbon, a augmenté, tandis que la part des combustibles fossiles représente toujours plus de 80% de la consommation mondiale d’énergie primaire.

📞  Appel non surtaxé au 05 54 54 66 18